La rencontre semblait acquise sur le principe, mais son lieu fait désormais obstacle. Abdelilah Benkirane a annoncé mercredi soir qu’aucun responsable du Parti de la justice et du développement (PJD) ne se rendrait au siège du Parti authenticité et modernité (PAM), à Rabat, pour participer aux consultations menées par Fatima Ezzahra El Mansouri en vue de former le prochain gouvernement.
Le secrétaire général du PJD avait pourtant accueilli favorablement l’appel de la Cheffe du gouvernement, qui lui avait proposé une rencontre après sa nomination. Dans une vidéo publiée sur les réseaux du parti, Benkirane a expliqué que son refus ne portait pas sur le principe de l’échange, mais sur le fait de devoir se déplacer au siège du PAM.
Benkirane a proposé une autre formule : recevoir Fatima Ezzahra El Mansouri à son domicile ou organiser la rencontre dans un autre cadre. Il a justifié cette position par sa propre expérience à la tête du gouvernement, affirmant qu’il s’était lui-même déplacé auprès de plusieurs anciens Premiers ministres et responsables lorsqu’il avait été chargé de former son Exécutif.
L’ancien Chef du gouvernement a donc écarté tout déplacement d’une délégation du PJD au siège du PAM. Cette position ne ferme toutefois pas complètement la porte au dialogue, puisqu’il s’est dit disposé à rencontrer ultérieurement El Mansouri dans des conditions différentes.
Ce désaccord sur le lieu de la rencontre ne modifie pas, sur le fond, le positionnement politique du PJD. Après les législatives du 23 septembre, son Conseil national a décidé à l’unanimité de maintenir le parti dans l’opposition parlementaire et de ne pas participer au prochain gouvernement.
Benkirane avait lui-même exclu toute participation à un gouvernement dirigé par le PAM. La rencontre proposée par El Mansouri s’inscrivait donc davantage dans le cadre général des consultations avec les formations représentées au Parlement que dans la perspective d’une négociation sur une entrée du PJD dans la majorité.
Le secrétaire général du parti s’est par ailleurs félicité des résultats obtenus lors du scrutin. Le PJD a décroché 54 sièges, terminant à la quatrième place des législatives. Benkirane a qualifié ce résultat de « bon », estimant que sa formation avait retrouvé une place importante sur la scène politique après son net recul lors de la précédente législature.
Le parti entend désormais capitaliser sur ce retour depuis les rangs de l’opposition. Quant à une éventuelle rencontre entre Benkirane et El Mansouri, elle reste possible, mais elle devra désormais se tenir ailleurs qu’au siège du PAM.


